Robert BERGERON (1944-2017)

riceviamo da René G. Maury e Fabio Amato la notizia della scomparsa del collega Bergeron:
Si comunica il decesso del geografo francese Robert Bergeron, dell’Université de Toulouse-Le Mirail poi dell’Université de Saint-Etienne, noto in Italia per le sue ricerche e pubblicazioni sul Mezzogiorno e la partecipazione a numerosi congressi e convegni – già dal XXII Congresso di Salerno nel 1975, fino al Convegno nazionale dell’AIIG a Potenza (2007). Allievo di Bernard Kayser, dopo prime ricerche in Sardegna, fu da lui indirizzato allo studio approfondito della Basilicata (magistrale tesi di dottorato pubblicata presso l’École Française de Rome nel 1994, dal titolo “La Basilicate, changement social et changement spatial dans une région du Mezzogiorno“), che lo legherà a Pasquale Coppola e a tanti amici in Italia. Tra gli ultimi suoi lavori, due articoli sul porto di Gioia Tauro e sull’impatto delle crociere nei porti italiani.

(riceviamo poi da Pierre-Yves Péchoux il ricordo che segue, e, ringraziandolo, lo pubblichiamo volentieri)

Robert BERGERON ( 1944-2017 )

Pour avoir déjà commencer d’étudier la géographie de la Méditerranée,
traversant l’Italie pour atteindre la Grèce via l’Istrie, le Carso ou le Frioul, pour avoir
aperçu plusieurs fois la Sardaigne depuis la Corse à l’occasion d’une excursion
interuniversitaire, et pour avoir débattu avec bien des collègues des interrogations sur le
sens de nos travaux d’observations et d’enquêtes, je connaissais déjà la bonne réputation
de Robert Bergeron quand nous le choisîmes en 1970 entre quelques bons candidats à un
emploi d’assistant de géographie à l’Institut Daniel Faucher, Université de Toulouse le
Mirail

Il avait fait de bonnes études secondaires dans l’agglomération de Saint
Étienne et les avait efficacement poursuivies en géographie à la Faculté des lettres &
sciences humaines de Lyon jusqu’à son succès au concours d’agrégation de géographie. Il
avait donc tiré parti avec intelligence des bonnes leçons dispensées là par d’excellents
professeurs : Allefresde, Béthemont, Labasse, Pelletier… entre lesquels Maurice Le
Lannou et Renée Rochefort éveillèrent son intérêt pour l’Italie et les problèmes associés
aux tensions sociales et liés aux disparités du développement régional ; ces deux derniers
le poussèrent vers la Sardaigne pour son diplôme d’études supérieures qui réclamait alors
une sérieuse pratique du terrain.

Il fut au Mirail, dans ce que nous tenions pour l’équipe des « modernistes »,
un excellent pédagogue, fort apprécié de nos étudiants qui étaient alors de plus en plus
nombreux. Il y fut un très bon collègue et, dans une période encore marquée par les échos
du printemps 1968 et agitée par les réformes qui suivirent, un militant syndicaliste pondéré
et constructif ; car il fallait non seulement enseigner mais aussi édifier une université
nouvelle, en bordure de la ville, et imaginer des méthodes capables de répondre à nos
espérances. Il y confirma aussi ses débuts de chercheur attentif et inventif dans la
perspective d’une thèse de doctorat d’État que lui recommandait le professeur Bernard
Kayser. Il avait vite atteint le rang de maître assistant. Mais il préféra un peu plus tard
regagner l’Université de Lyon II, où il retrouva quelques-uns de ses anciens maîtres et de
ses camarades d’étude.

J’avais déjà découvert la Calabre en 1967 à l’occasion d’une grande
excursion organisée et dirigée par mes vieux camarades d’École, Pierre Guérémy et
Jeannine Raffy, qui enseignaient alors à Paris et à Fontenay. Mais c’est en compagnie de
Robert Bergeron que je fis la connaissance de la Lucanie à l’occasion, au printemps 1972,
d’un voyage d’étude qui atteignit parfois les dimensions d’une enquête. Ce fut sans doute
là que Robert Bergeron décida de se consacrer à l’étude de la Basilicate (et il me paraît
que, revenant par la route à Toulouse, nous avions assisté ensemble avec beaucoup
d’intérêt à un convegno di geografica democratica organisé à Rome).

Sa thèse sur La Basilicate. Changement social et spatial dans une région du
Mezzogiorno fut soutenue à l’Université de Toulouse à l’automne 1988. Elle mérita des
compliments et lui permit un peu plus tard de devenir professeur à l’Université de Saint
Étienne (où il poursuivit activement sa carrière jusqu’à l’éméritat). Rouvrir aujourd’hui ce
volume de 700 pages, écrit avec élégance et solidement construit et charpenté me fait
imaginer que Robert Bergeron aurait très bien pu user du mot et des concepts de
géopolitique dans l’exposé et les conclusions de son enquête. La reconnaissance de
l’importance durable de cette thèse, contribution essentielle à l’étude du Midi italien, lui

valut d’être publiée en 1994 par l’École française de Rome (après son impression très
soigneuse sur les presses de la Scuola Tipografica S. Pio X).

Il lui arriva plus d’une fois de retrouver à Toulouse ses amis d’autrefois
pour les entretenir, avec un souci de l’actualité et un brin de nostalgie, de son parcours de
géographe en Sardaigne ou pour leur faire partager les observations qu’il avait recueillies
au fil d’un beau parcours à travers l’Ethiopie et les changements qui affectaient tant ses
paysages que ses dynamiques sociales.

Les défaillances de la santé de son épouse leur fit décider de venir s’installer
à Agde où ses beaux-parents, réfugiés d’Espagne lors de la retirada, s’étaient établis. C’est
là que la maladie imparable qui l’avait envahi nous sépara de ce bon géographe.

Pierre-Yves Péchoux, ancien directeur de la Revue géographique des Pyrénées et du Sud-
Ouest ( Universités de Toulouse, Bordeaux, Pau, Barcelone et Perpignan).

[testo ricevuto via email il 12 dicembre 2017]

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